Ton filtre ND nuit-il à la netteté de l’image ?
Tu utilises un filtre ND ou VND pour contrôler ton exposition — mais as-tu déjà remarqué que l’image semblait légèrement moins nette, moins précise, surtout en contre-jour ?
Ce n’est peut-être pas un défaut du filtre lui-même… mais un effet secondaire inattendu, causé par les marquages visibles autour de la lentille frontale de ton objectif.
Dans cet article, je te montre une solution simple et peu coûteuse pour limiter ces reflets internes, et ainsi préserver le micro-contraste de ton image.
Lorsque l’on utilise un filtre ND ou VND — que ce soit à vis ou monté sur mattebox — il peut apparaître une légère perte de micro-contraste, notamment en contre-jour. Ce phénomène se manifeste par un voile diffus, subtil mais bien réel, qui affecte la netteté perçue de l’image.
Le problème : des reflets internes causés par les marquages de l’objectif
Cette perte de contraste n’est pas nécessairement due au filtre lui-même, mais plutôt à un reflet secondaire : celui des inscriptions blanches imprimées autour de la lentille frontale de l’objectif (nom de la marque, focale, ouverture, etc.). Ces marquages, souvent très visibles, peuvent se réfléchir sur la surface interne du filtre ND, surtout dans les situations de lumière frontale.
Ce phénomène touche de nombreux objectifs, qu’ils soient photo ou cinéma.
Dans mon cas, le Canon EF 24-105mm f/4L IS II USM est concerné, mais j’ai constaté exactement le même problème sur des optiques professionnelles comme les Schneider Xenon FF Prime — preuve que même des objectifs haut de gamme, conçus pour le cinéma, peuvent présenter ces réflexions parasites.
La solution : un masque noir léger, fait maison
Pour y remédier, j’ai conçu une solution simple et peu coûteuse :
un cache circulaire, découpé dans du papier adhésif mat noir, que j’applique autour de la lentille frontale, de manière à masquer les inscriptions réfléchissantes. Le résultat est immédiat : les reflets parasites disparaissent, et l’image retrouve une netteté plus franche, un contraste local renforcé.
Matériaux utilisés :
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Papier adhésif : Vario Herma 3759 (format 81×110 mm), disponible dans les magasins de beaux-arts comme Rougier & Plé.
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Peinture noire mate : Mousseau Black Paint, disponible en flacon de 100 ml sur Amazon.fr. Il s’agit d’une peinture ultra-mate facile à appliquer en fine couche uniforme.
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Pinceau recommandé : Rafaël Kaerell 8796, taille 10 — un pinceau de précision à poils fins, idéal pour un rendu propre et homogène.
Une fois la forme circulaire découpée selon le diamètre de votre objectif, il suffit de peindre sa surface et de la coller avec précaution autour de la lentille. Attention à ne pas empiéter sur le filetage ou la lentille elle-même.
Un gain visible, sans post-traitement
Dans la vidéo de démonstration, j’ai volontairement évité toute correction colorimétrique, exposition, gamma ou netteté. Une seule opération a été appliquée : une réduction légère du bruit à l’aide du plug-in NeatVideo, afin d’éviter que le bruit dans les ombres ne masque les différences de contraste. Aucune accentuation de netteté n’a été utilisée.
Cela permet de mieux percevoir l’impact direct de cette modification physique, sans interférence logicielle.
Et sans filtre VND ?
J’ai également réalisé une prise de vue de comparaison sans aucun filtre VND monté. Le résultat montre que le micro-contraste est quasiment identique à celui obtenu avec le filtre VND et le masque noir. En revanche, j’ai choisi de ne pas inclure cette prise dans la vidéo, car même un filtre VND de haute qualité comme le B+W modifie très légèrement la teinte globale de l’image.
En effet, ces filtres ne sont pas parfaitement neutres. Leur usage peut induire un changement subtil dans la balance des couleurs, surtout dans les hautes lumières. C’est pourquoi, pour un rendu cohérent sur l’ensemble d’un tournage, je recommande de rester constant : soit utiliser toujours le filtre ND, soit ne jamais l’utiliser, ou du moins anticiper les légères variations colorimétriques qu’il peut induire.
Davinci Resolve : Un autre regard sur la saturation
Le curseur classique de saturation dans DaVinci Resolve peut rapidement aller trop loin, surtout sur les teintes rouges et bleues. Voici une alternative qu'on utilise presque systématiquement aujourd'hui : un nœud configuré en profil HSV, uniquement actif sur la saturation. La différence est nette.
1. Comment fonctionne la saturation classique
dans le panneau Primaries ?
Dans le panneau Primaries de DaVinci Resolve, le curseur Saturation tente de conserver la luminance (luma) de l’image tout en modifiant les valeurs de saturation. Il s’agit donc d’un modèle dit luma-preserving, qui travaille directement sur les ratios des canaux RGB.
Cela signifie que lorsque l’on augmente la saturation, les rapports entre les canaux rouge, vert et bleu changent, et cela affecte aussi la luminance globale du pixel. Ce double impact provoque souvent des dérives visibles, en particulier sur les teintes de peau : elles deviennent plus claires ou plus colorées qu’attendu, et l’équilibre tonal initial peut se perdre.
2. La méthode HSV : une correction ciblée de la saturation
L’approche alternative consiste à créer un nœud avec un profil de gestion de couleur réglé sur HSV. Dans ce nœud, on désactive les canaux H (Hue) et V (Value), pour ne garder actif que le canal S (Saturation).
Il est aussi recommandé de passer le traitement tonal de ce nœud en mode linéaire, afin d'éviter toute influence d'une courbe de réponse non uniforme. Ensuite, on règle la quantité de saturation via la roue Gain dans le panneau Primaries.
Une variante encore plus précise consiste à utiliser le panneau de courbes : en sélectionnant uniquement le canal Green (qui dans ce profil correspond en fait à la saturation), on place un point fixe dans les basses valeurs pour stabiliser les ombres, et on ajuste la courbe au centre. Cela permet d’augmenter ou de réduire la saturation principalement sur les tons moyens, sans altérer ni les hautes lumières ni les zones très sombres.
3. Une question de sensibilité visuelle et de perception qualitative
La saturation fait partie des paramètres fondamentaux de l'image, au même titre que l'exposition, le contraste ou l'équilibre chromatique. C'est un levier puissant qui influe directement sur la perception visuelle du rendu final.
Mais c'est justement pour cela qu'il faut l'utiliser avec mesure. Une image trop saturée donne souvent une impression artificielle ou « bon marché », car nos yeux l’associent instinctivement aux rendus exagérés des caméras d'entrée de gamme ou des smartphones.
Dans la vidéo de démonstration ci-dessus, on a volontairement exagéré la saturation dans les deux méthodes pour bien faire ressortir la différence de comportement. Cette exagération est purement démonstrative, et ne correspond pas à l’usage que nous recommandons en situation réelle.
Dans une situation réelle, il est recommandé d'avoir une approche beaucoup plus douce : quelques points de saturation en plus ou en moins suffisent souvent à transformer une image, sans jamais la surcharger !
Améliorer le son du micro intégré
avec une solution toute simple
Sur les boîtiers hybrides comme sur les caméras compactes de type Canon C70/C80 ou Sony FX3 à FX6, les micros intégrés sont souvent négligés. On les considère comme un mal nécessaire – présents par défaut, mais rarement utilisés. Leur qualité sonore est effectivement limitée, et pourtant… ils peuvent rendre
de fiers services.
En post-production, un son capté par le micro interne peut s’avérer très utile pour la synchronisation audio, notamment en cas de perte ou d’erreur de timecode.
Il peut aussi servir de témoin stéréo, voire de solution
de secours quand l’enregistrement principal fait défaut.
À une seule condition : que le son soit exploitable.
Et c’est justement en extérieur que ça coince. Le moindre souffle de vent suffit à saturer les capsules internes et à rendre la prise inutilisable. Pourtant, la solution est à portée de main, et elle est déjà bien connue : il suffit de protéger la zone d’entrée du micro intégré avec une bonnette anti-vent.
Les bonnettes que l’on utilise habituellement pour les micros cravate (The Invisible Lav Covers - Fur Outdoor de Bubblebee ou Overcovers de Rycote) fonctionnent parfaitement dans ce contexte. Une fois positionnée sur le boîtier,
la bonnette reste en place pendant toute la durée du tournage, sans gêner la prise en main ni alourdir l’ensemble.
Le son est légèrement atténué dans les médiums et les aigus, mais reste tout à fait exploitable dans un usage de synchro ou de backup.Ce petit ajout – économique et facile à mettre en œuvre – peut sauver une prise dans des conditions imprévues. Même s’il ne servira pas à chaque tournage, il mérite largement sa place dans la boîte à outils d’un opérateur ou d’un chef op.
Canon C70 / Micro intégré sans/avec bonnette anti-vent
Nicolas Schöffer (1912–1992)
Chronos 10
sculpture cinétique installée dans le Jardin Tino-Rossi, Paris
Le Look Arri, sans caméra Arri ?
L’esthétique des caméras Arri est devenue une véritable référence dans le monde du cinéma. Mais tous les projets ne disposent pas du budget pour tourner avec ce type d’équipement.
Heureusement, la Color Library d’Arri, disponible gratuitement pour les fichiers log Arri, peut être utilisée avec une simple astuce… sur des vidéos log de n’importe quel fabricant (Canon, Sony, Panasonic, voire même iPhone).
Pourquoi utiliser une LUT Arri ?
Parce qu’elles offrent un rendu plus naturel que la plupart des solutions équivalentes proposées par d’autres marques.Si tu n’as que très peu de temps pour l’étalonnage, une bonne LUT peut déjà donner un rendu convaincant. Et si tu as le temps de peaufiner, tu pars d’une base beaucoup plus solide pour ton grade.
Voici comment les intégrer facilement dans DaVinci Resolve :
1. Ouvre le site arri.com
Learn & Help → Camera & Workflow → Technical Downloads, télécharge le fichier Look Library for LogC4 (.zip de 182 Mo)
2. Dézippe, puis copie le contenu (cmd + c)
3. Ouvre ton projet DaVinci Resolve,
dans l’onglet Color, puis dans le panneau LUTs :
clic droit sur l’icône de dossier à gauche, choisis Reveal in Finder
5. Colle les fichiers dans ce dossier (cmd + v)
6. Dans Resolve, clic droit à nouveau sur le même dossier
Refresh pour voir apparaître les nouveaux LUTs
7. Crée 3 nouveaux nodes dans le Node Graph (option + s)
8. Depuis le panneau Effects, applique l’effet Color Space Transform
(CST) sur le premier et le troisième node
9. Paramètres du premier CST :
• Input Color Space : selon ta caméra (ex. Canon Cinema Gamut)
• Input Gamma : selon ton log (ex. Canon Log2)
• Output Color Space : ARRI Wide Gamut 4
• Output Gamma : ARRI LogC4
10. Paramètres du troisième CST :
• Input Color Space : ARRI Wide Gamut 4
• Input Gamma : ARRI LogC4
• Output Color Space : ton format final (ex. Rec.709)
• Output Gamma : Gamma 2.4
11. Et enfin : sélectionne le node du milieu et applique-y,
en double-cliquant, la LUT ARRI de ton choix depuis le panneau LUTs.

Canon C70 / Cooke Mini S4i
XF-AVC 4K DCI / Canon Log2
Arri 6310 Pastel LUT

Canon C70 / Cooke Mini S4i
XF-AVC 4K DCI / Canon Log2
Canon CMT log2 -> 709 LUT



